Les sculptures de Xavier

 

J’ai su très tôt que Xavier sculptait. Mais je n’ai qu’assez récemment découvert l’ampleur de sa passion et de ce qu’elle lui permet de produire.

D’abord il y a le bois, les bois, leurs couleurs. D’infinies et subtiles variations de couleurs, de fonds bruns ou beiges parcourus de veines plus claires ou plus foncées, et qui s’offrent d’autant mieux à la vue que les œuvres sont rassemblées en un lieu clos, circonscrit. Ces bois ont un nom, celui de leurs origines, chêne, noyer, tilleul, prunier, olivier, tuya, châtaignier, que sais-je encore. Xavier inscrit ces noms sur les cartons qui accompagnent les œuvres, ils côtoient le titre. Pour moi qui ne connais à peu près rien aux arbres, ces noms ne fonctionnent pas du tout comme des informations mais comme des sortes de mentions poétiques qui ajoutent au mystère de ces présences singulières.

Présences silencieuses mais insistantes, voire impératives, silhouettes, visages surtout  tentant d’émerger de la matière ligneuse. Il y en a souvent deux, ou plus, et l’on a alors le sentiment qu’ils tentent de se rapprocher, de se toucher, s’embrasser peut-être, mais la matière résiste, ils sont en plein effort, leur désir est palpable, ainsi que leur plaisir ou leur douleur.

Et voici aussi des formes qui surgissent, verticales le plus souvent, et qui s’avèrent être un visage cabossé, une femme, une étoile filante, une planète. Cette forme brune, là, hérissée, crevassée, tordue, ce sont des désirs.

Les sculptures de Xavier affirment fermement et généreusement ce qu’elles sont. Elles offrent à la lumière qui caressera leurs formes et exaltera la subtilité de leurs teintes la puissance de leur désir d’être là.

 

Francis Vanoye

Juin 2013